Les journées Vivre la République, animées par Libération et Marianne, s’appuyant entre autres sur le monde associatif dont l’Ufal, ont réuni 27000 participants à Grenoble du 27 au 29 janvier 2012, un record de participation citoyenne en cette année électorale.
Le vendredi 27 janvier sont intervenus les deux principaux candidats de la gauche : François Hollande et Jean Luc Mélenchon venus présenter leurs propositions. 64 débats ont vu se succéder des intervenants prestigieux : Suzan George, Pierre Rosanvallon pour ne citer qu’eux, et ont balayé des thématiques variées : « L’école », « Le lien compliqué de la gauche avec le libéralisme », « Les vrais dangers qui menacent la démocratie », « De la politique en Europe », « La laïcité », « Une justice fiscale est-elle possible ? », « Le logement, un luxe ? » et « La santé ».
L’UFAL s’est activement illustrée dans l’animation d’une table ronde sur la question : «La santé, l’oubliée de la mondialisation ? », en présence de Michel CANET, président, de Gérard MACHLINE, secrétaire national, de Bernard DENIS, trésorier national, et de représentants des UFAL rhône alpines (Savoie, Isère, Rhône, Drôme) et un public nombreux et attentif. Après avoir présenté l’UFAL et avoir rappelé son engagement et son rôle dans le domaine de la santé et de la défense du service public et d’un système de protection sociale public issu des ordonnances de 1945, Bernard DENIS laisse la parole à Garance UPHAM et Armando de Negri.
Garance UPHAM, coprésidente du Cercle handicap et économie politique du mouvement pour la santé des peuples, responsable de la commission santé de l’UFAL et présidente de l’UFAL 74, a exposé les attaques que subit ce que l’on nomme « la santé » de par le monde, le danger des plans Sida, paludisme, etc qui concentrent les financements au détriment de la médecine générale et ambulatoire. Elle a souligné le mouvement de pression qu’exerce le lobby pharmaceutique sur les états et l’Europe qui ont conduit à des défauts de surveillance et de contrôle criminels (affaire Mediator, prothèse mammaire PIP…).
Armando de Negri, cofondateur du Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre, dont la mission est d’améliorer, dans son pays le Brésil, le système de protection et sécurité sociale solidaire et universel, a exposé son projet, la nécessité de protéger les individus et souhaité que la pauvreté devienne illégale. En effet, garantir les droits humains contribue à la bonne santé d’un peuple, en particulier l’éducation et le travail. Il a souligné la difficulté de défendre une notion, « la santé », que l’on n’appréhende que lorsque l’on est malade, d’où l’extrême facilité pour la soustraire comme bien commun. Il organisera pour cela la suite, en septembre 2013, du Congrès International de Brazilia auquel a participé l’Ufal en décembre 2010, pour la défense des droits de la personne humaine dans les systèmes d’urgences et la défense de l’hôpital public.
La confrontation des deux points de vue a permis de prendre conscience que loin d’être oubliée, la santé est devenue un bien marchand capté par les entreprises du secteur privé, leur rapportant des profits considérables, échappant à l’éthique humaine telle que cela se passait peu ou prou jusqu’à peu de temps encore. Le lobby de ces entreprises est tel qu’il menace la subsistance des institutions internationales comme l’OMS. L’enjeu d’un tel débat est à prendre en compte au moment où dans notre république l’élite politicienne tente de nous convaincre qu’il s’agit d’un droit coûteux qu’il faut financer individuellement et non plus solidairement.
La journée s’est conclue par un banquet républicain où les acteurs de cette conférence ufalienne franco-brésilienne ont pu répondre aux questions suscitées par leurs prises de parole. Le Brésil a inscrit le droit à la santé dans sa constitution, cette prise de conscience a pu montrer combien de chemin il restait à faire en France, combien de luttes il y aura à mener au moment où la santé fait l’objet de toutes les attaques, faisant naître l’espoir que l’UFAL puisse l’année prochaine se montrer encore plus active et accroître sa participation pour Vivre la République au-delà des discours…
Elisabeth De Rossi,
UFAL Rhône-Alpes




