Cycle de Conférences-débats à Grenoble en libre accès
LES TEMPS QUI VIENNENT - POUR L’ECOLOGIE SOCIALE
Lieu : Restaurant Bio « Au clair de lune » (sauf pour la soiree du 13 Mars)
54 rue Très Cloîtres GRENOBLE, tel 04 76 246 117, angle avec la rue de l’Alma. (Tram B : arrêt Notre Dame)
La planète va mal, ce n’est dû uniquement au « martèlement » des médias ou des associations/ONG ; il suffit d’observer l’évolution des catastrophes constatées par les différentes compagnies d’assurances. Déjà au XIX° siècle, deux conceptions de la nature se dessinent : Inclusive, une harmonie entre les humains et la nature ; exclusive, les humains sans intégration des écosystèmes. Finalement l’industrialisation massive –appuyée par les syndicats et les sociaux-démocrates - s’est imposée non sans difficultés ; suivie ces derniers temps par la politique, anti-démocratique et néolibérale, de financiarisation globale des activités humaines. Et les promesses d’un développement, égale pour tous, ont aggravées dangereusement les inégalités, pendant ces trente dernières années, ainsi que les épuisements, ou pollutions, de nombreuses ressources naturelles. L’accélération des sciences et des technologies, très utiles dans les sociétés contemporaines, a surtout profité à la marchandisation et à la financiarisation globales des marchés.
Ne serait-il pas de commencer à inverser ces orientations qui fragmentent les sociétés humaines et la planète ? Effectivement, il est temps de questionner les différents idéaux pour dessiner, ensemble et solidairement, une autre « espérance responsable », respectant la nature et les vivants, ainsi que les nombreuses interfaces des écosystèmes, où le « parlement des choses » croise ses travaux avec le « parlement des humains », pour garantir de bonnes ressources pour les générations futures.
De nombreuses approches et expérimentations se poursuivent sans, pour le moment, chercher à les croiser pour s’enrichir mutuellement des interfaces et/ou des « contradictions-fécondes ». C’est à la société civile de proposer un espace commun, autonome des politiques, afin d’énoncer les enjeux et les solutions stratégiques, de manière synthétique. Les intervenant-e-s de ce cycle, à la veille du 3° Sommet de la Terre qui se tiendra à RIO en Juin 2012, tenteront de passer de la question « Qui est responsable ? » (Très importante par ailleurs), à celle de « Comment répondre ? » (Facilitant de nouveaux comportements citoyens, autres que ceux préconisés par des experts technocrates). Sachant que l’écologie sociale vise à favoriser l’épanouissement de l’Etre humain tout en respectant les ressources naturelles.
- JEUDI 23 Février 2012 à 18h15 : UNE SOCIÉTÉ OUVERTE, D’ÉGALITÉ, DE DROITS ET D’ÉMANCIPATION avec Christophe ANDRE (association Entropie). De l’obsolescence programmée au design libre.Designer militant (né en 1979 à Gap), il vit et travaille à Grenoble. Après un diplôme d’ingénieur (de l’Institut National Polytechnique de Grenoble, France (INPG)), il choisit de quitter le monde de l’industrie pour développer d’autres modes de production au sein de l’École Nationale Supérieure d’Art de Grenoble où il a obtenu un Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP). Dénonçant les méthodes de conception des objets intégrant le principe d’obsolescence programmée qui consiste à produire des objets volontairement dotés d’une durée de vie limitée pour alimenter la société de consommation, il réalise aujourd’hui des objets en “design libre”, afin de se réapproprier les savoir-faire, les partager, lever l’abstraction qui entoure nos objets du quotidien, pour devenir des acteurs responsables du monde que nous façonnons. L’autonomie politique nécessite une autonomie matérielle, dans le sens que pour être libres et égaux il faut que des moyens physiques soient mis en place pour que ces liberté et égalité soient bien effectives. La pratique “l’éco-design-libre” propose un nouveau modèle de société basée sur la libre circulation des connaissances et la pro somation. Ce paradigme ouvre de nouvelles perspectives vers une société plus démocratique où les relations entre les citoyens sont basées sur l’entraide et la collaboration plutôt que la compétition.
- Mercredi 29 Février à 18h30 : UN FUTUR SOUTENABLE : RÉDUIRE NOTRE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE, PROTÉGER LES BIENS COMMUNS, RÉPONDRE AUX BESOINS HUMAINS FONDAMENTAUX, avec Jean-Michel COMBE. Ingénieur, préoccupé par l’écologie, et curieux de nature; je me suis plongé dans l’étude de l’impact de notre mode de vie sur les rejets de GES. Nos choix sociétaux mais aussi individuels ont de lourdes conséquences environnementales. Au-delà du défi climatique, notre addiction à l’énergie abondante, aux ressources naturelles et au toujours plus nous conduit dans des voies incertaines. Le futur soutenable, le vivre mieux prometteur passera par une révolution dans nos modes de vies et de pensées. Lors de ma présentation, illustrée plus particulièrement autour de notre addition aux énergies génératrices de CO2 ; j’aborderai les choix personnels, collectifs et l’orientation politique pour changer de trajectoire. J’aborderai entre autre, les quelques contraintes mais surtout les nombreuses satisfactions que l’on peut rencontrer ou espérer dans cette transition.
- Mardi 13 Mars à 20h15, ATTENTION CETTE SOIREE EST PROGRAMMEE à la Maison des Associations de Grenoble, 6, rue Berthe de Boissieu : CRITIQUE DE LA DÉMOCRATIE EN FRANCE (Propositions pour une République démocratique, sociale et écologique - Editions Bénévent -) avec François LALANDE & QUEL AVENIR POUR LA SCIENCE ECONOMIQUE ? avec Jacques PERRIN (Dernier livre publié en 2011 : POURQUOI LES SCIENCES ÉCONOMIQUES NOUS CONDUISENT DANS LE MUR ? Reconsidérer nos visions du monde, nos systèmes de valeurs et nos conceptions de la richesse Editions L’Harmattan).
- JEUDI 15 Mars 2012 à 18h15 : L’ÉCONOMIE ÉCOLOGIQUE : Un exemple au service des populations et des territoires. L’auto construction, une démarche d’émancipation, de réappropriation et de lien social, avec Julien REYNIER (association ADABio). Réappropriation, autonomie et lien social : On autoproduit dès que l’on participe directement à la production de biens et de services, pour sa propre consommation ou celle de son entourage, sans échange monétaire. Cela signifie qu’au sein des ménages les individus autoproduisent, puisqu’ils font ce qu’il y a à faire sans réclamer aux bénéficiaires de contrepartie financière. En effet, l’incitation à se mettre à l’action pour les siens procède le plus souvent purement du lien social. C’est un constat contraire aux postulats avancés par l’idéologie libérale et la majeure partie des Sciences Économiques. Ces dernières avancent qu’au moment d’agir nous calculons nécessairement les coûts et les avantages de nos démarches. Et pourtant nous sommes capables de don, de contribution et de coopération. C’est donc bien qu’il existe des sphères, des espaces, où nous agissons pour des motivations relationnelles, culturelles, sociales ou politiques, et non pas seulement économiques. Si le public sera passablement circonspect à l’écoute de cet exposé, les raisons sont peut-être à rechercher du côté des schémas issus du monde marchand. Car les « évidences » que ces schémas produisent ont durablement colonisé nos imaginaires, et peuvent finir par devenir naturelles et spontanées chez beaucoup d’individus. Nous vous invitons à quitter votre scepticisme pour comprendre comment peuvent surgir des activités construites d’autoproduction dans un monde décidément administré par l’économie libérale, où les possibles semblent restreints à l’échange marchand, la production industrielle, le salariat et la consommation. Nous montrerons qu’il est envisageable de s’engager dans des contre-cultures, urbaines et rurales, en inventant des stratégies de changement, qui participent à la transformation des sociétés.
- Mardi 03 Avril à 18h15 : UNE SIXIÈME RÉPUBLIQUE : LA DEMOCRATIE ET L’UNION EUROPEENNE CHOISIES PAR LES ECOLOGISTES avec Olivier P. BLOND . La transition écologique nécessite une réforme complète de la République. C’est une remise en question, par l’intermédiaire d’un parti politique, des conditions dans lesquelles nos élus gouvernent, en régions et au national. Avec pour objectif de répondre à la demande pressante de tou-te-s : la démocratie ne doit pas être réduite au seul instant du vote. Tout comme il est important pour les écologistes de construire une Europe fédérale, qui rend légitimes États et citoyens, solidaire au regard de la richesse de nos cultures et nos biens communs. Pour favoriser le mieux vivre sur tous les territoires, et intégrer la finitude de nos ressources. L’Europe ne devant plus être une banque privée à la déroute.
- Mercredi 18 Avril à 18h30 : POUR L’EDUCATION A LA NON-VIOLENCE, VERS UN MONDE DE PAIX ET DE JUSTICE, avec Vincent ROUSSEL - Cycle pour l’ECOLOGIE SOCIALE- Ancien professeur de mathématiques en classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs au lycée agricole du Chesnoy à Montargis. Président de l’association Non-violence actualité qui est un centre de ressources pour la gestion non-violente des relations et des conflits. Responsable pendant dix ans de la Commission pédagogique de la Coordination française pour l’éducation à la non-violence et à la paix (coordination d’environ 80 associations et parrainée par environ 130 personnalités). Il a dirigé la réalisation du livre 100 questions-réponses pour l’éducation à la non-violence et dont il est un des co-auteurs
- Mercredi 09 Mai à 18h30 LE MIEUX VIVRE POUR TOU-TE-S. avec Regis MOREIRA (Recit, Convergences Initiatives pour Mieux Vivre Ensemble, &hellip) - Cycle pour l’ECOLOGIE SOCIALE-,
Cycle de Conférences-débats à Grenoble (accès libre) &hellip
en SCIENCES COGNITIVES Lieu : Restaurant Bio « Au clair de lune »
54 rue Très Cloîtres GRENOBLE, tel 04 76 246 117, angle avec la rue de l’Alma. (Tram B : arrêt Notre Dame)
L’objet d’étude des sciences cognitives est la cognition, c’est-à-dire l’ensemble des processus qui se rapportent à la connaissance, sa genèse, son développement et son organisation. Les sciences cognitives font intervenir, dans une approche pluridisciplinaire, de nombreuses disciplines qui traitent de la connaissance à des niveaux d’analyse différents. La psychologie, les neurosciences, l’Intelligence Artificielle, l’anthropologie et la sociologie en constituent sans doute le noyau central.
Les sciences cognitives sont particulièrement concernées par la recherche d’indicateurs objectifs d’entités cognitives variées: perception, mémoire, langage, raisonnement, représentations sociales, etc. La preuve ultime de la réalité de ces entités cognitives, pour un chercheur matérialiste, serait évidemment le constat de leur existence dans le cerveau. L’observation des lésions cérébrales a d’abord été la source principale de ces preuves par le cerveau. Les techniques modernes de neuro-imagerie (TEP, IRMf, etc.) ont encore amplifié cette stratégie de recherche.
Au cours de ce cycle de conférences, les intervenants présenteront l’apport des sciences cognitives dans leur domaine et évoqueront les problèmes éthiques, sociaux et politiques associés. En particulier, ils insisteront sur les risques de “psychiatrisation” abusive des déficits cognitifs (Martial Van der Linden), sur la perception et la représentation des rapports de dominance chez l’enfant (Jean-Baptiste Van der Henst), sur les possibilités de contrôle social et de manipulations non conscientes des représentations mentales (Jean-Léon Beauvois) et, enfin, sur l’inscription, dans le cerveau, des réalités économiques, politiques et culturelles (Mathias Pessiglione ; Guy Tiberghien).
- Le mardi 10 Avril à 18h15. Thème: LE MYTHE DE LA MALADIE D’ALZHEIMER : UNE AUTRE APPROCHE DU VIEILLISSEMENT CEREBRAL/COGNITIF, avec Martial VAN DER LINDEN [Professeur, Université de Genève, Neuroscience Center]. Contrairement à ce que postule le modèle biomédical dominant, la maladie d’Alzheimer ne constitue pas
une entité homogène et ses frontières avec le vieillissement dit normal et les autres démences neurodégénératives ne sont pas clairement définies. Nous examinerons les différents facteurs qui ont contribué au développement et au maintien de ce mythe. Nous présenterons également les données qui appuient une conception du vieillissement cérébral/cognitif en tant que un continuum, dont les différentes expressions plus ou moins problématiques sont déterminées par des facteurs multiples (génétiques, biomédicaux, psychologiques, environnementaux, éducatifs, sociaux et culturels) intervenant tout au long de la vie. Enfin, nous montrerons en quoi ce changement d’approche conduit à une autre manière d’aborder les interventions auprès des personnes âgées présentant des problèmes cognitifs ainsi que leur insertion dans la communauté. Van der Linden, M., & Juillerat, A.C. (2012). Penser autrement la maladie d’Alzheimer. In G. Arfeux-Vaucher et L. Ploton (Eds.), Les démences au croisement des non-savoirs. Chemins de la complexité. Paris: Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, à paraître. Whitehouse, P., & George, D. (2009). Le mythe de la maladie d’Alzheimer. Ce qu’on ne vous dit pas sur ce diagnostic tant redouté ; Marseille: Solal (traduction : A.-C. Juillerat Van der Linden & M. Van der Linden) Van der Linden, M., & Juillerat Van der Linden, A.-C. Blog mythe Alzheimer ( http://mythe-alzheimer.over-blog.com <http://mythe-alzheimer.over-blog.com/> )
- Le mardi 17 Avril à 18h15. Thème : LES INFLUENCES COGNITIVES INCONSCIENTES, avec Jean-Léon BEAUVOIS [Professeur Honoraire, université de Nice]. Ouvrage proche : Les Illusions libérales - Petit traité des grandes illusions et Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. On proposera une définition du concept de manipulation des idées et des comportements. On s’arrêtera ensuite sur quelques techniques de manipulation inconsciente (ou implicite) des idées que peut réaliser un système médiatique non pluraliste : conditionnement évaluatif, priming (amorçage) d’une représentation positive ou négative, simple exposition, modelage&hellip On discutera des effets possibles de ces influences en terme de propagande glauque. On terminera par un détour vers la connaissance de soi en évoquant une technique de manipulation particulièrement sournoise : l’étiquetage. Beauvois, J.-L. (2011). Les influences sournoises. Paris, Bourin. // Beauvois, J.-L. (2005). Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble. // Joule, R.-V., Beauvois, J.-L. (2002). Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble.
- Le Mardi 15 Mai à 18h15. Thème : LA NEURO-ECONOMIE : SCIENCE OU FICTIONS ? avec Mathias PESSIGLIONE [Chargé de recherche INSERM Unité 610, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris]. « Pepsi ou Coca ? votre cerveau a choisi pour vous ». Ces titres tapageurs s’inscrivent au fronton médiatique d’une discipline en plein essor, la neuro-économie. Les articles de neuro-économie se font de plus en plus fréquents dans les revues à fort impact, et le congrès de la Society for Neuroeconomics rassemble chaque année davantage de participants. En tant que scientifique, j’entend régulièrement des réactions critiques face à cette nouvelle vague, du « c’est pas nouveau » au « c’est pas de la science », en passant par « encore un truc pour nous faire consommer ». Il faut savoir que cette nouvelle vague suscite au moins autant de scepticisme du côté des économistes. La plupart pense que l’étude du cerveau ne peut apporter aucune information pertinente pour leurs théories. La neuro-économie est issue d’un croisement entre deux minorités, appartenant d’un côté au monde de l’économie et de l’autre au monde des neurosciences. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Petite bibliographie: Sacha Gironde, La Neuroéconomie. Comment le cerveau gère mes intérêts, éd. Plon, Paris, 2008, 228 pages. // Paul Glimcher et al., Neuroeconomics: Decision Making and the Brain, éd. Academic Press (Elsevier Inc.), 2009, 538 pages.
- Le mardi 22 Mai à 18h15. Thème : LA NEUROIMAGERIE COGNITIVE : UNE TECHNIQUE SCIENTIFIQUE ET SES ENJEUX, avec Guy TIBERGHIEN. Professeur Honoraire à l’Institut universitaire de France. Ouvrage proche : Les Sciences cognitives (collectif). Sous le nom de neuro-imagerie sont regroupées un ensemble de techniques permettant de visualiser l’activité du cerveau humain. Ces méthodes ont d’abord été développées dans le domaine médical afin de diagnostiquer ou de soigner les conséquences de lésions du cerveau ou de troubles du fonctionnement cérébral. Mais elles sont aussi utilisées pour tenter de localiser dans le cerveau les processus mentaux responsables de la perception, de la décision, du langage, de la mémoire, etc. Cette neuro-imagerie fonctionnelle, dite cognitive, est un magnifique instrument de recherche fondamentale. Mais, depuis quelques années, la neuro-imagerie est fréquemment intégrée, de façon très réductionniste, dans un programme de recherche visant à « naturaliser » l’esprit, c’est-à-dire à l’expliquer, de façon ultime, par ses corrélats cérébraux. Ce programme soulève, sur un plan strictement scientifique, de nombreuses questions méthodologiques et théoriques. Mais les risques de dérive idéologique deviennent considérables quand, en outre, on tente d’utiliser ces techniques de neuro-imagerie pour « naturaliser » le social, l’économique et le politique. La neuro-économie, le neuromarketing, la neuropolitique, la neuro-éthique ou la neurothéologie pourraient bien n’être que des neuromythes (des neuro-idéologies) dont l’objectif non avoué est, au fond, de légitimer l’ordre dominant dans les domaines économique, politique et idéologique.
Tiberghien, G. (2011). La neuro-imagerie cognitive: Mythes et réalités. In P. Pévet, R. Sauvayre & G. Tiberghien (Eds.), Les sciences cognitives : Dépasser les frontières disciplinaires Grenoble: PUG.
Tiberghien, G., Guillaume, F., & Baudouin, J.-Y. (2007). La neuro-imagerie cognitive: nouvel indicateur, nouvelle science … ou nouvelle phrénologie ? In J. Vauclair & S. Nicolas (Eds.), Localisation cérébrale des fonctions mentales : de la cranioscopie de Gall à l’IRMf (pp. 57-79). Marseille: Solal.
Tiberghien, G. (2007). Entre neurosciences et neurophilosophie : la psychologie et les sciences cognitives. Psychologie Française, 52(3), 279-297.
- Le mardi 29 Mai à 18h15. Thème : LA REPRESENTATION DES RELATIONS DE DOMINANCE CHEZ LES ENFANTS avec Jean-Baptiste VAN DER HENST [Chargé de recherche CNRS, Institut des sciences cognitives. Les relations dominance et d’ascendance constituent une dimension essentielle de la vie des espèces sociales. Sur le plan évolutionniste, un rang social élevé confère un avantage adaptatif car il garantit un accès privilégié aux ressources nutritives et reproductives. Le rôle crucial du rang social va dès lors exercer un certain nombre de contraintes au niveau cognitif. Les individus doivent par exemple être capables d’identifier l’organisation hiérarchique de leurs groupes et représenter les avantages offerts par le statut. Les éthologues avancent ainsi que dans les espèces sociales, des mécanismes cognitifs dédiés aux hiérarchies sociales ont évolué selon un processus sélectif. Au cours des années 70 et 80, l’étude des hiérarchies chez l’enfant a connu une période féconde. Les travaux produits, largement inspirés par l’éthologie, ont permis de montrer que les relations de dominance étaient fréquentes, même chez des enfants très jeunes (1 à 2 ans), et qu’elles s’organisaient selon des structures linéaires. Néanmoins de par les méthodologies employées, ces études ont largement négligé la perspective cognitive et n’ont donc pas permis de décrire les mécanismes impliqués dans le traitement des hiérarchies chez l’enfant. J’exposerai d’abord les résultats issus de ces premières études ainsi que leurs limitations méthodologiques. Je présenterai ensuite divers travaux montrant 1) quelles asymétries les enfants d’âge préscolaire utilisent pour établir des jugements de dominance 2) quelles anticipations ils forment quant aux interactions d’individus de statut différent et 3) comment ils répartissent des ressources en fonction du statut.
