Le Préfet Schmitt organise la séance girondine du débat sur l’identité nationale lundi 18 janvier 2010.
Pour prendre position quand à une éventuelle participation, il faut replacer ce débat dans le contexte et donc faire un peu d’histoire récente.
La droite nationaliste, minorité qui avait été longtemps marginalisée, a profité de l’abandon du mythe national par la gauche et la droite et a monopolisé pendant 20 ans les usages symboliques de la référence nationale. En réponse nous avons eu droit, aussi bien à droite qu’à gauche, à l’arrivée de démagogues aux saillies nationales-racistes chargés de séduire l’électorat lepéniste, en vain. Et puis vient la campagne de 2007 où Sarkozy a produit un discours qui a réussit à allier atlantisme, néolibéralisme et nationalisme populiste (axé sur la sécurité et le travail).
Le nationalisme populiste étant capté, le nationalisme culturel n’ayant plus prise dans la population, restait à s’accaparer le nationalisme identitaire (cf. le courant d’extrême droite qui a le vent en poupe actuellement : le bloc identitaire). Il leur faut donc désormais surfer sur les peurs identitaires provoquées par la dilution des liens sociaux, la construction européenne antidémocratique et technocratique, et la mondialisation.
Il n’échappera à personne que le débat se déroule alors que le quinquennat de Sarkozy s’essouffle et qu’il veut faire coup double en ressoudant son électorat tout en le détournant de ses vraies préoccupations quotidiennes et ce juste avant les élections régionales.
Aujourd’hui, c’est le lien national qu’il faut repenser, et il faut donc réintroduire dans le débat politique l’idée de nation, car la citoyenneté réclame un sentiment d’appartenance commune ou de destin partagé. Dans ce débat, l’identité nationale doit être entendue comme une identité collective, c’est à dire un lien social, et la nation comme le lieu symbolique de l’identification collective.
L’heure n’est donc pas à « débattre » de l’identité nationale selon la grille identitaire envoyée au préfets, mais plutôt à se débarrasser du nationalisme et du racisme, tout le contraire à en juger par les premiers résultats de ce “grand” débat.
